lundi, 23 janvier 2012
À l’aveuglette
Il existe en France – ragote-t-on – plus d’associations qu’il n’y a de Français. Cela est-il censé répondre à un instinct grégaire plus poussé là qu’ailleurs, ou au besoin viscéral de nos voisins privés de roi de s’introniser à tout prix Présidents de quelque chose ? Parmi tant de clubs, amicales, confréries, il en existe de fort étranges. Il m’est arrivé d’approcher l’une d’elles du temps heureux de mes vingt ans, alors que je hantais les amphithéâtres de la Sorbonne. J’y fus introduit par un de mes comparses que nous avions baptisé Raskolnikov au seul motif, parfaitement abusif, qu’il avait toujours les sourcils froncés. Je suis tout à fait incapable de me rappeler le nom réel de cet énergumène, et reconnais qu’on aurait eu autant de raisons de surnommer ainsi les trois-quarts des étudiants parisiens… Le gaillard s’entichait de tout ce qui sortait de l’ordinaire, du latin médiéval à la cuisine philippine. Ce fut en raison de ce goût persistant pour l’étrange qu’il me convia un jour à l’accompagner à la réunion nocturne d’une société à laquelle il cotisait.
La confrérie du Triple C - trois C pour Cercle de la Cécité Consentie – s’était donné pour unique dogme de tout déguster à l’aveugle. Nous étions alors en 1981. Personne n’avait encore eu l’idée d’ouvrir un de ces restaurants où des employés non-voyants servent à des convives plongés dans le noir des plats à reconnaître grâce leurs seules facultés gustatives. Les adhérents de cette collégiale farfelue se réunissaient dans un local opaque du Quartier Latin. Leur salon d’ébat ne possédait ni fenêtres, ni rien qui pût laisser filtrer le plus mince rai de lumière. Une fois les membres rassemblés, l’on éteignait tout, pour se livrer ensuite dans le noir le plus complet aux activités inscrites à l’ordre du jour. Les compagnons du C au cube prétendaient, non à tort, que la privation d’un sens exacerbe l’acuité des autres. On entend bien mieux quand on n’y voit goutte, c’est connu. Dès qu’un des leurs périclite, les quatre autres de nos sens se font plus réceptifs, et il est donc logique de penser que dans ces conditions on jouit mieux de ce que l’on savoure. Les amants qui se bandent les yeux avant de se chevaucher le vérifient chaque nuit, même si les mauvaises langues prétendent qu’ils se ne se voilent la face que pour mieux dévoiler leurs vices…
Les activités sensorielles du Triple C étaient plus diverses qu’on ne l’imagine. C’est fou ce dont on peut se régaler dans le noir... Outre de prévisibles ripailles à la Stevie Wonder, ils testaient des parfums ou assistaient à des concerts de musique de chambre – noire. Il y avait même des séances consistant à palper des mains de dames – seulement les mains, qu’on se rassure - pour ensuite, une fois la lumière rallumée, deviner quel minois allait avec quelles phalanges. Raskolnikov m’assura que ces effleurements donnaient l’impression de courtiser des fantômes. J’assistai à moins d’extravagances la nuit de mon initiation: n’était programmée qu’une séance de lecture – quelques contes fantastiques de Villiers de l’Isle-Adam. J’éprouvai alors par moi-même l’intense concentration et le plaisir quintessencié qui résultent de l’absence de support visuel. L’esprit n’a plus aucun motif de distraction, il lui faut s’attacher uniquement à cette voix dans l’ombre, adhérer au texte devenu son seul repère. Comme me le chuchota Raskolnikov à la fin de Véra, «tu sais désormais ce que veut dire être tout ouïe…». J’étais à ce point sous le charme que je ne me posais même pas la question la plus évidente: comment le lecteur avait-il fait pour déchiffrer ces lignes sans les voir? C’était bien sûr un authentique non-voyant qui pratiquait le braille.
L’expérience me séduisit à un tel point que je revins la semaine suivante. Pour ne plus jamais m’y risquer ensuite. On s’y livra à un jeu étonnant qui fut peut-être à l’origine de ma vocation d’antiquaire, ainsi que de ma passion pour le sourd mystère des objets. Plusieurs membres avaient apporté des machineries diverses qu’ils devaient faire fonctionner dans l’obscurité. À chacun de reconnaître alors ces mécaniques dont on ne percevait que le bruit des rouages. Une occasion supplémentaire de vérifier que la cécité n’empêche pas la clairvoyance. Il n’était pas si évident, croyez-moi, d’identifier le goutte à goutte métallique produit par les grains d’acier d’un sablier design. Ou le roulement d’un praxinoscope faisant tourner son carrousel d’images. Ou déduire d’une série de crissements métalliques qu’il s’agissait là des mouvements d’un lapin en peluche mécanique.
Pendant que je tendais ainsi l’oreille à décrypter ces résonances d’engrenages, quelqu’un à ma gauche se leva dans le noir et se mit à se déplacer vers moi avec une rapidité et une sûreté de mouvement inconcevables dans pareille obscurité. Je reconnus au parfum qu’il s’agissait d’une dame. Elle s’assit à mon côté, se pencha à mon oreille et y chuchota: «Savez-vous bien qui nous sommes en fait ?». Je ne saurais décrire précisément l’impression horrible que je ressentis alors: le souffle qui me murmura ces mots vagues était glacé, aussi froid que la bise de décembre, ou que l’atmosphère d’une glacière. Un vrai soupir de mort. Puis ma voisine invisible se leva, se glissa derrière moi, et partit s’installer à droite de la salle avec la même aisance surnaturelle. Quand on ralluma, je constatai qu’il n’y avait personne à cet endroit. Je décidai aussitôt de ne plus jamais honorer le Triple C de ma présence. Soit ses adhérents venaient de me jouer un mauvais tour à leur façon et je ne me sentais nulle envie de leur servir de bizuth, soit je ne sais quelle créature aux poumons givrés avait hanté un moment leur nuit artificielle. J’appris quelques semaines plus tard que le Cercle avait été rompu à la suite d’une crise de panique d’un nyctalophobe qui s’était cru plus fort que sa peur du noir. Celui-ci, armé on ne sait pourquoi, s’était mis à tirer dans le tas, à l’aveuglette certes, mais ses balles ne furent pas perdues pour tout le monde.
Hervé Picart
© Le Castor Astral, éditeur / janvier 2012
10:04 Publié dans Les chroniques de l'antiquaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 janvier 2012
Extrême onction
S’il espère appâter cette sorte de chineurs pour qui le bibelot fait le château, tout antiquaire digne de ce nom se doit de poster non loin de son entrée une armure en pied jouant en toute immobilité à la sentinelle éternelle. Certes, ce genre de pièce montée métallique n’a rien d’aisé à assembler ni d’évident à vendre, mais cela confère à la boutique un indéniable prestige. Je me suis bien sûr soumis à cette quasi obligation, plaçant à portée de notre sonnette une splendide cuirasse maximilienne, ornée de plaquettes dorées par-dessus ses pièces de métal noir. Un modèle d’élégance mortifère. Pour faire bonne mesure, j’ai placé entre les gantelets de cette écrevisse de croisade le plus impressionnant des espadons, ces épées de brèche qu’on soulève à deux mains pour tailler dans l’ennemi. Lauren a entrepris hier de polir cet engin, et, mettant un peu trop d’énergie à en lustrer la lame, elle s’est causé une entaille au pouce. Rien qui réclame une suture, juste quelques gouttes de jus de blessé, à peine dignes d’une échauffourée de récréation. L’occasion était cependant trop belle de me divertir un peu à ses dépens.
« Il faut soigner cela tout de suite, lui ai-je dit en l’entraînant vers le laboratoire, l’arme du crime à la main. C’est le moment d’utiliser cet échantillon d’unguentum armarium qui n’a que trop patienté dans mon casier d’apothicaire.
- Unguentum armarium ? s’est-elle enrouée, visiblement inquiète. Qu’est-ce que c’est encore que ce remède de grand-mère Carabosse ? Je refuse que vous m’appliquiez ce que contient ce pot à pommade avant d’avoir entendu de quoi ce prétendu remède est composé.
- Oh, vous ne courez aucun risque, l’ai-je rassurée avec mon meilleur air de faux frère. N’avez-vous donc jamais entendu parler de l’onguent armaire ?
- Je doute que mon pharmacien dispose de ce vulnéraire en rayons.
- Sa recette ne date pourtant pas d’hier. Cette médecine a été élaborée par Paracelse en personne.
- Paracelse l’alchimiste ?
- Comme la plupart des savants du XVIe siècle, Paracelse pratiquait l’alchimie à ses heures, il est vrai. Il employait toutefois l’essentiel de son temps à des recherches plus raisonnables que celle de la pierre philosophale. On lui doit l’identification de bien des maladies et les prémices de l’homéopathie, rien moins. C’est au cours de ses expérimentations médicales qu’il a mis au point cet onguent destiné à soigner les blessures occasionnées par toutes les sortes d’armes blanches.
- Et quels ingrédients entrent dans la composition de ce baume miraculeux ? Pattes d’araignée, bave de crapaud et langue de politicien ?
- Rien d’aussi répugnant, ou peu s’en faut. Il vous faut mélanger deux onces de cette mousse qui pousse sur le crâne d’un défunt lorsqu’on le laisse exposé à l’air, la même quantité de graisse humaine, une demi-once de momie en poudre, autant de sang humain, sans oublier de l’huile de lin, de la térébenthine et de l’argile d’Arménie pour lier le tout.
- Il est hors de question que vous m’enduisiez le doigt de cette crème infernale, a protesté ma chère assistante, avec un dégoût plus que sincère.
- Il n’a jamais été prévu que je vous applique cette embrocation, voyons, l’ai-je apaisée en forçant mon rire. Voyez : il faut en tartiner la lame de cet espadon, pas votre doigt fluet.
- De mieux en mieux. On soigne l’arme, pas le blessé. C’est comme emprisonner l’escroqué et pas l’escroc.
- C’est là le pouvoir de l’onguent armaire, ma chère : la guérison s’opère à distance en traitant non la conséquence, mais la cause. En ce qui concerne le blessé, Paracelse recommande seulement que celui-ci renouvelle son bandage chaque matin après s’être auparavant fort consciencieusement nettoyé la plaie. Je me demande si je dois vous préciser avec quoi.
- Mais allez donc, au point où nous en sommes.
- Avec sa propre urine…
- Et vous supposez que je vais me soumettre à cette toilette abjecte maintenant que vous avez étalé votre pâte à vomir sur cette pauvre épée innocente ?
- Je me contente de suivre la recette.
- A-t-on au moins vérifié son efficacité ?
- Une grande polémique s’est élevée à l’époque non pour remettre en question la pertinence de ce traitement, mais pour savoir comment il opérait. Les meilleurs savants du temps s’échauffèrent la mitre à débattre du sujet : Ambroise Paré, Libavius, Van Helmont, della Porta ou Croll.
- Il me semble avoir entendu à ce générique les noms de quelques charlatans notoires dont les orteils fourchus trempaient dans l’alchimie.
- Si ce n’est qu’on leur doit quelques vétilles comme les ligatures chirurgicales, la découverte du gaz carbonique, le thermomètre et l’essentiel de la panoplie du petit chimiste…
- Et que conclurent-ils concernant votre abominable baume ?
- Pour certains la guérison s’effectuait par la force de sympathie entre la blessure d’une part, et les résidus de sang maculant l’arme. La nature se contentait de tisser entre eux ses liens magnétiques.
- Vous direz ce que vous voudrez, mais je doute que mon pouce éprouve la moindre sympathie pour votre lardoire de lansquenet.
- D’autres estimaient plus philosophiquement que le soulagement du blessé résultait d’une excitation par l’onguent des forces vitales gouvernées par l’ordre du monde.
- C’est d’une limpidité à faire peur.
- D’autres encore, plus effarouchés quand même par le prodige, prétendaient que cela procédait simplement de l’intervention du démon désirant ainsi approcher et séduire les âmes innocentes, affaiblies par leur mal et donc plus sujettes à la tentation.
- C’est tout moi, ça…
- Le démon ?
- Non, la pauvre âme candide et dolente.
- En tout cas, je constate que mon remède a une fois de plus fait ses preuves : votre pouce ne saigne plus. »
Piquée au vif, mon assistante m’a aussitôt proposé de renouveler l’expérience pour la valider tout à fait. Elle a juste suggéré qu’on inverse les rôles et que je lui laisse le choix des armes.
« Désolé, chère amie, me suis-je bien vite défilé : je n’aurais jamais assez d’onguent pour couvrir une blessure pareille ! »
Hervé Picart
© Le Castor Astral, éditeur / janvier 2012
10:28 Publié dans Les chroniques de l'antiquaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 09 janvier 2012
Bibliophilie
On vous invite plus facilement au bal que sur une scène de crime, c’est bien connu, et plutôt rassurant. Avoir une bonne amie dans la police inverse toutefois cette donne. Le tempérament d’Eva la porte assez peu à virevolter sur le plancher des valses. En revanche, elle n’hésitera jamais à partager avec moi une enquête, pour peu que celle-ci réclame mes compétences. Mon inspectrice préférée m’a ainsi convié il y a peu à la rejoindre sur les lieux d’un drame encore frais. Elle avait bobiné son coup de fil de mystère et de non-dits, se refusant à me préciser l’objet de sa requête, sans doute pour mieux m’appâter. Je me rendis donc dans un quartier de Bruges que je fréquente fort peu, par-delà la rive de Fort Lapin. Eva m’avait fixé rendez-vous dans une demeure bourgeoise de belle allure, quoiqu’un peu maussade. Loin de l’effervescence que j’imaginais, on ne s’activait guère sur le site. La raison de ces investigations au ralenti me fut aussitôt fournie par Eva: il y avait scène mais pas crime. L’occupant des lieux, un certain Albert Verbelen, nonagénaire de profession, avait mis fin à ses jours d’une balle entre les deux yeux pour couper court à une maladie incurable. Ce suicide avéré ne justifiait qu’une enquête de routine, rien de quoi passionner la police, ce n’était pas là ce qui avait poussé Eva à me convoquer.
Le défunt avait été découvert par sa femme de ménage dans un réduit à l’écart qui lui servait à la fois de bibliothèque et de cabinet de lecture. Ce fut là qu’Eva me mena, en me promettant une de ces bizarreries dont je raffole. Je constatai avec soulagement que le cadavre avait déjà été ôté. Eva me désigna d’un mouvement de menton les rayonnages où s’alignaient impeccablement ses livres. À première vue des ouvrages pas anciens au point de nécessiter l’avis d’un antiquaire. Leurs reliures pleine peau dataient d’une cinquantaine d’années tout au plus. Un travail soigné, je dirais même précieux: cuir à grain serré, gravures à l’or fin, ruban marque-page en soie, de quoi satisfaire le toucher autant que le regard. Rien de quoi s’émouvoir néanmoins: en quoi cela me concernait-il?
« Regarde les titres. » me dit-elle avec son laconisme agaçant. J’avais remarqué l’uniformité des reliures, supposant une série d’ouvrages à tomes multiples, vendus au mètre, comme il s’en brade souvent pour meubler les étagères plus que l’esprit du lecteur. Je ne tardai pas à constater qu’en réalité j’avais sous les yeux cinq cents exemplaires déflorés d’un seul et même roman. « Pas banal, hein ? » lâcha Eva pour tout commentaire. Notre nonagénaire passait-il donc ses soirées à lire toujours le même bouquin, en s’offrant le plaisir improbable de changer d’exemplaire à volonté? Il s’agissait d’un roman intitulé Une liaison particulière, écrit par un René Abel Levert dont j’ignorais tout. Un coup d’œil sur les premières pages m’apprit que l’œuvre datait de 1963, et avait été imprimée à compte d’auteur. L’exemplaire que je tenais en main avait été dédicacé: rien qu’un rapide « Pour Rosemarie » suivi du paraphe étriqué de l’auteur. À cela s’ajoutait un numéro de tirage: ce bouquin n’avait été pressé qu’à cinq cents exemplaires. L’intégralité de l’édition se trouvait par conséquent stockée dans cette pièce!
Afin de mesurer toute l’étrangeté de cette librairie à livre unique, je feuilletai de suite plusieurs spécimens : c’était bien à chaque fois le même livre. Seules variaient les destinataires, toujours des femmes, réduites à leur seul prénom. Je parcourus quelques pages pour me donner une idée du récit: apparemment une chronique sentimentale célébrant le souvenir d’un amour fugace, une sorte de romance sans veille ni lendemain. Eva me demanda comment je pensais expliquer l’existence de cette bibliothèque saugrenue. J’émis plusieurs hypothèses. Soit Verbelen n’en était que le lecteur. Dans ce cas, il pouvait s’agir d’un maniaque si épris de cet écrivain ou de cette œuvre qu’il avait égoïstement réquisitionné l’entier des exemplaires afin de s’en régaler en toute exclusivité. Le fantasme d’un chef-d’œuvre dont il serait seul à jouir. Il était également envisageable que le volume contienne des révélations nuisibles le concernant: il aurait alors acquis l’ensemble du tirage pour empêcher quiconque de découvrir cette odieuse vérité. Deux explications auxquelles je renonçai bien vite. En réalité, notre défunt était l’auteur de ce roman.
Je fis constater à Eva que René Abel Levert était l’anagramme approximative d’Albert Verbelen. L’étonnement rendit mon inspectrice presque prolixe: qu’était-ce donc que cet écrivain qui conservait chez lui l’intégralité de son ouvrage? À quoi bon l’avoir écrit si c’était pour interdire à quiconque de le lire? Peut-être son roman contenait-il une bourde irréparable? Il aurait in extremis empêché sa diffusion par peur du ridicule. Ou bien était-il à ce point fier de sa création qu’il voulait en conserver la jouissance intégrale, comme un trésor personnel ? Pendant qu’Eva se perdait en conjectures plus farfelues les unes que les autres, je remarquai enfin une véritable singularité. Ouvrant par hasard un exemplaire par la fin, je constatai qu’il comportait une sorte de dédicace inversée. La Sylvia à qui on l’avait dédié en tête de volume avait rédigé à l’autre bout un mot de remerciement d’une charmante ambiguïté: « Toute ma reconnaissance pour ce moment délicieux passé grâce à vous. » Je me précipitai sur les autres tomes et montrai à Eva que chacun avait été pareillement annoté par sa lectrice. Ainsi cet auteur singulier avait prêté les exemplaires de son livre à cinq cents destinataires différentes avant de les récupérer, enrichis de quelques mots de leur part marquant leur gratitude. Chaque volume était pour de bon Une liaison particulière, le souvenir d’une relation aussi unique qu’éphémère entre un auteur et sa lectrice. L’on comprenait que Verbelen ait passé tant d’heures à méditer devant sa bibliothèque. C’était un mémorial magnifique, digne d’une longue fierté: qui peut se vanter d’avoir dans sa vie possédé cinq cents dames, corps et âme, ne fût-ce que pour quelques heures?
Hervé Picart
© Le Castor Astral, éditeur / janvier 2012
11:29 Publié dans Les chroniques de l'antiquaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


