mercredi, 10 juin 2009
Rondo, intermezzo, concerto et tutti quanti
« Alors ? Qu’avez-vous à m’apprendre, chère Lauren ?
(…)
- Bien. Comme demandé, j’ai mis dimanche sur l’Aranea les photographies de votre orgue, la marque de facteur et le poinçon à l’abeille. Aucune réponse le lundi, ni même le mardi matin. Mais tout s’est débloqué l’après-midi et j’ai reçu suffisamment d’e-mails de vos confrères pour pouvoir ensuite progresser par moi-même. Première certitude, votre IVHC n’est pas une marque de facteur d’orgue. Vous allez me dire qu’il était très improbable que cet objet soit réellement un instrument de musique. Mais je me suis rappelé qu’ont existé certains “harmonicas de verre” avec lesquels Gluck et Benjamin Franklin se sont beaucoup amusés. On pouvait imaginer qu’un fabricant d’orgue ait eu pour de bon l’idée de perfectionner le système et de concevoir un instrument de ce genre, sur le principe de la résonance de tubes de cristal plus ou moins remplis d’un liquide approprié. (…) »
L’orgue de quinte, pp.61-62
Harmonica de verre
Aussi appelé glassharmonica, le premier harmonica de verre vit le jour en Allemagne au XVIIIe siècle. Il se résumait à une série de gobelets de verre inégalement remplis d’eau pour permettre différentes sonorités en utilisant la vibration par résonance. On produisait les sons en promenant sur le bord des verres ses doigts mouillés d’eau vinaigrée.
Le premier à en jouer en public fut l’Irlandais Pockrich en 1743. Gluck en joua à un concert à Londres en 1746 avec un système à 26 verres et accompagné d’un orchestre.
L’instrument fut amélioré par Benjamin Franklin en 1761. Le futur Américain eut recours à une série de 46 récipients hémisphériques, en verre, cristal ou quartz, à qui il donnait un mouvement de rotation vertical par un mécanisme composé d’un marchepied, d’une poulie et d’une roue. Il produisait le son en touchant le bord des verres avec ses doigts mouillés.
On remplaça ensuite les verres par des lames de verre, puis, pour les harmonicas de poche, par des lames de métal.
Cet instrument, que Nicola Paganini avait surnommé l’orgue angélique, fut interdit dans certaines villes d’Allemagne au XIXe siècle car on l’accusait de provoquer des accouchements prématurés, de faire hurler les animaux ou de rendre fou.
On ne compte plus ses utilisateurs célèbres : Mesmer, Mozart, Beethoven, Donizetti, Strauss en jouèrent ou composèrent des pièces pour l’harmonica de verre.
Listen to music !
♪ Wolfgang Amadeus Mozart Adagio pour quatuor et harmonica de verre (Thomas Bloch)
♪ Gorillaz & ondes Martenot, glassharmonica, cristal Baschet
15:43 Publié dans Le catalogue de l'Arcamonde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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