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Bienvenur sur l'arca monde

Voulez-vous savourer un pur moment d’Arcamonde ? Choisissez un de ces après-midi de fin septembre où le soleil prend une teinte mordorée et réconforte sans échauffer. Rendez-vous alors vers seize heures Jan Van Eyck Plein. A Bruges, bien entendu, où voulez-vous que ce soit ?

Attablez-vous à l’une des terrasses qu’offrent les deux estaminets de la petite place. Commandez un large calice de Straffe Hendrik, cette belle bière cuivrée que l’on brasse à Bruges même, à l’estaminet De Halve Maan, sous l’enseigne de la demi-lune. Laissez ensuite couler votre regard vers le plan d’eau scintillant du canal devant vous. Si votre imagination s’y prête, et si la boisson vous y pousse, avec modération, vous pouvez dès lors situer à votre guise la boutique de Frans Bogaert au rez-de-chaussée d’une des façades à redans qui se mirent dans le bassin du Spiegelrei. Peut-être identifierez-vous le brocanteur dans une silhouette plus hispanique que les autres, flânant à pas comptés le long du Quai du Miroir ?

Si vous vous sentez épié, tournez le regard vers la gauche. Comme dans Le dé d’Atanas, vous rêvassez « juste au pied de la roide statue verte de Van Eyck qui veille à jamais sur “ la fusée ”, avec le muet espoir de la voir décoller un jour ». Voici celui qui vous espionne. La fusée en question est le clocheton de la Loge des Bourgeois située dans votre dos, ainsi baptisé sans respect par Lauren. L’effigie de Jan Van Eyck surveille l’endroit avec d’autant plus de jalousie que le grand peintre primitif flamand n’est pas né à Bruges – il l’a choisie, c’est beaucoup mieux – et que son principal chef-d’œuvre, L’adoration de l’agneau mystique, s’admire à Gand…

Avant de quitter l’endroit, contournez le bâtiment gothique de la Loge et n’oubliez pas de lever le regard vers le Winnie de pierre qui y veille dans une niche de coin. Une bonne occasion de réentendre Lauren gourmander son patron, ainsi qu’elle l’ose dans Le cœur-de-gloire :

 

« Ce n’est pas parce que l’ours est la mascotte de Bruges que vous devez à ce point vous abalourdir à son image ! Si vous continuez à maugréer ainsi, je vous préviens, je vais surnommer Frans le lugubre plantigrade de pierre qui nous lorgne tous les jours depuis l’encoignure de façade de la Porteersloge. Et je le saluerai haut et fort chaque fois que je passerai sous son museau maussade. Bonjour, Frans ! Gardez le sourire, Frans ! »

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