lundi, 20 juillet 2009
Enigme de la fleur de fer: le Dénouement
Comme promis voici la solution de l'énigme.
Aviez-vous trouvez la solution? L'un d'entre vous a été aussi perspicace que Bogaert, et recevra en cadeau, le tome 3 de L'Arcamonde, "le coeur-de-gloire", avant tout le monde.
Restez des lecteurs fidèles du blog, nous ne tarderons pas à vous proposer d'autres jeux ou concours.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Lauren a pris Kristien Peeters à témoin :
« Voyez quel abominable patron je supporte à longueur de journée, Mme l’archéologue ! Voici un hôte sans pitié qui me propose d’établir mon menu dans un appétissant assortiment d’horreurs variées. Quelle touchante attention ! Bon, je serais plutôt portée à me mettre illico à la diète. J’en appelle à votre bonté naturelle, Frans : consentez à nous effeuiller cette tulipe, un peu, beaucoup, et même à la folie si vous y tenez !
- Tout cela est fort simple en fait. Revenons sur la première hypothèse, celle d’un accessoire d’abstinence aux franges trop coupantes. Comment expliquer que lors de funérailles à la sauvette on ait omis d’ôter la fleur mais qu’on ait songé à y replacer la clé ? Cela ne tient pas. Voilà qui exclut la possibilité d’une corolle de chasteté. D’autre part, si l’on avait glissé entre les pétales de cette tulipe du sel, de l’acide ou des braises pour chatouiller une suppliciée, croyez-vous que Mme Peeters l’aurait dénichée dans un si bel état, peinture pimpante et pistil à ressort intact ? Les mordantes épices de cette torture auraient laissé des traces de corrosion. Il faut donc renoncer à la fleur de souffrance. Qu’on n’ait relevé des traces de sang essentiellement sur les pétales et si peu dans la bière renforce le caractère improbable des deux premières hypothèses, un peu salissantes par nature. Force est d’accepter la théorie de la tulipe d’angoisse, et le travail d’un mari rancunier qui bâillonne sa rejetée pour l’enterrer vivante.
- Mais, objecte Lauren, qu’est-ce qui vous prouve que cette dame était la femme affligée d’un époux vindicatif et non une nonne comme tout le laisse penser : le chanvre de la bure, le crucifix, le cimetière conventuel ?
- Les résidus de chanvre proviennent des cordes qui l’ont entravée, la clé demeurée en place a cruellement entretenu le faux espoir d’une délivrance, et le crucifix vaut pour repentir. Quant au mariage malheureux que je suppose, l’idée m’en est suggérée par nos fragments de lierre en cuivre. Avez-vous oublié que cette plante est un symbole matrimonial fort en usage à l’époque, et qu’on en tressait des guirlandes dans les globes de mariée ? De plus, que cette natte de métal ait été coupée en deux explicite au mieux l’échec de cette union. Cela dit, à présent que j’y pense, il me vient une autre idée.
- Conservez-la pour vous, surtout ! se cabre Mme Peeters, avec un vaste sourire toutefois. Je récupère cette fleur abjecte, je reprends la route au milieu des congères et je m’en vais remettre cet objet aux bons pères de l’abbaye d’Averbode en leur faisant croire que c’est une patène à hosties ancienne, modèle dépliant pour eucharisties campagnardes. On me pardonnera ce modeste mensonge s’il fait oublier tant de monstruosités.
- Vous savez, ces braves moines ont beau être croyants, je doute qu’ils soient crédules. Cette tulipe embaume un peu trop…la fleur de péché. »
11:33 Publié dans Les concours de l'Arcamonde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fleur de fer, enigme, dénouement, picart



